Moody’s dégrade la note de la Fédération Wallonie-Bruxelles: Une décision attendue qui confirme la nécessité de stabiliser le déficit

Après le Fédéral, Moody’s dégrade la note de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ainsi que celle de la Région wallonne et de la Flandre.

La Ministre Présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles en charge du Budget, prend acte de la décision de l’agence de notation Moody's de dégrader la note de la FWB de A2 à A3. ​

La Fédération Wallonie-Bruxelles constate que cette décision fait suite à celle prise le 17 avril vis-à-vis de la note liée à la dette de l’Etat belge.

«Cela renforce notre détermination à mettre en œuvre nos mesures d’économies et à respecter nos engagements. Si nous ne le faisons pas, Moody’s nous avertit que la note sera une nouvelle fois dégradée. Nous nous approcherions alors dangereusement d’une notation qualifiée de spéculative avec tout ce que cela implique en termes de confiance et de coût sur les marchés financiers » déclare Elisabeth Degryse, Ministre-Présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles en charge du Budget.

Le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles se veut rassurant. Il mettra en œuvre les mesures d’économie annoncées en décembre 2025 et fera respecter la trajectoire budgétaire visant à contenir le déficit de la FWB à hauteur de 1,2 milliard d’euro à l’horizon 2029. ​

La Ministre-Présidente constate que l’agence Moody’s considère comme stables les perspectives budgétaires de la FWB en raison des efforts réalisés afin d’arrêter le dérapage des finances publiques de la FWB et de la qualité de la gestion de sa dette. ​

«Nous gérons les finances de la Fédération Wallonie-Bruxelles avec sérieux. Nous le démontrerons encore dans les semaines prochaines à l’occasion des travaux liés à l’ajustement budgétaire 2026 et à la publication des comptes 2025 qui respectent les prévisions annoncées lors de l’ajustement 2025. Je tiens aussi à remercier les équipes de l’Agence de la Dette pour le travail réalisé » précise Elisabeth Degryse.

Extrait du CP de Moody’s : ​

“La décision d'abaisser les notations de la Communauté flamande, de la Communauté française de Belgique et de la Région wallonne reflète trois évolutions qui se renforcent mutuellement. ​

Premièrement, l'abaissement de la note souveraine à A1 implique un environnement macroéconomique moins favorable aux collectivités territoriales en raison de leurs liens institutionnels, opérationnels et financiers étroits avec le gouvernement belge. ​

Deuxièmement, la situation financière des Régions et des Communautés ​ belges s'est affaiblie, réduisant leur résilience face à cet environnement macroéconomique moins favorable et contribuant à la détérioration générale des finances publiques belges. ​

Troisièmement, le cadre de coordination budgétaire intergouvernementale de la Belgique
demeure insuffisamment efficace à un moment où les pressions budgétaires croissantes exigent une consolidation rapide et cohérente à tous les niveaux de gouvernement.

Les Régions et les Communautés restent étroitement liées au profil de crédit souverain de la Belgique par de solides liens institutionnels, opérationnels et financiers. En conséquence, la détérioration de la solvabilité de l'État est transmise aux entités fédérées principalement par le biais d'un environnement macroéconomique moins favorable, notamment par des coûts d'emprunt plus élevés et une capacité de remboursement de la dette plus faible au fil du temps. Ces entités ne peuvent pas véritablement isoler leur qualité de crédit d'un environnement opérationnel plus défavorable car elles empruntent dans le même cadre de
​ marché et au sein du même secteur public, et leurs coûts de financement restent étroitement liés à ceux de l'État. Bien que l'État fédéral demeure le principal contributeur à la dette publique, les Régions et les Communautés représentent une part croissante de la dette ​
publique belge, atteignant 18 % en 2024 contre une moyenne de 13 % entre 2015 et 2020.

La situation financière des Régions et des Communautés s'est affaiblie parallèlement à la détérioration générale des finances publiques belges, sous l'effet de chocs successifs, de l'indexation automatique sur l'inflation et d'importants programmes d'investissement.

Le déficit cumulé de l'ensemble des Régions et Communautés belges a augmenté ces dernières années, représentant environ 35 % du déficit total des administrations publiques en 2024. ​

Malgré les mesures d'économies mises en œuvre pour réduire les déficits récurrents, les pressions sur les dépenses et la hausse des coûts d'intérêt réduisent la flexibilité budgétaire et rendent les entités plus sensibles à un ralentissement de la croissance et à l'augmentation ​
des coûts de financement. ​

Cet affaiblissement des performances financières diminue la capacité de résilience des entités fédérées face à un environnement macroéconomique moins favorable et s'inscrit dans le contexte plus large de la détérioration des finances publiques consolidées de la Belgique.

(...)

La perspective stable de la Communauté française de Belgique reflète notre conviction que les déficits structurels se stabiliseront au cours de la période considérée grâce aux mesures d'économie. Un cadre législatif solide, assorti de transferts de recettes prévisibles, associé à une gestion prudente et sophistiquée de la dette et des liquidités et à un accès très fort aux marchés, soutient la stabilité au niveau de notation actuel.”

Une pression à la baisse sur la notation pourrait survenir si la Communauté ne met pas en œuvre les mesures correctives prévues de manière efficace et opportune.

Cela pourrait résulter, par exemple, d'un dérapage des politiques, d'un contrôle des dépenses moins rigoureux que prévu, d'une coordination institutionnelle insuffisante ou de coûts d'intérêt plus élevés que prévu.

Une mise en œuvre des politiques moins efficace, prolongeant des marges d'exploitation structurellement négatives et permettant à la dette de continuer à augmenter, aurait un impact négatif sur le crédit et pourrait entraîner une dégradation de la notation.

Debont Marc

Directeur de la Communication - Porte-Parole, Cabinet de la Ministre-Présidente Elisabeth Degryse

 

Recevez des mises à jour par e-mail

En cliquant sur « S'abonner », je confirme avoir lu et accepté la Politique de confidentialité.

Contact

Place Surlet de Chokier 15-17 1000 Bruxelles Belgique